Comme le dit si bien BouèB : « Mon égo n’a pas d’égal aux Aygalades ».
Portraits de l’équipe :

Jean-Paul, je me souviens de toi, empêtré dans tes bras dans le premier cercle d’échauffement, le regard fuyant. Tu semblais vouloir disparaître, être ailleurs. Tu as creuser des jardins à cultiver les souvenirs, à faire pousser l’avenir. Jean-Paul, je me souviens de toi, sept jours plus tard : tu m’as demandé – « comment on s’habille demain » – « comme vous vous sentez bien » – « Ok ! Claquettes-chaussettes ! ». Tu m’as sidéré, ton regard brillait, ton sourire éclatait, nous étions tous tout trempés.

Afeiz, l’accord en corps, encore d’accord. D’une bonne composition, l’oreille dans la musique. Je me demande si tu m’entends et toi, tu t’étonnes que je te comprennes avant la fin de tes phrases. Ton corps parle, première pression à froid, j’écoute tes gestes. Tes frissons d’araignée sont gravés dans mes pensées. Tu sais qu’en Italie, la tarentelle se danse toute la nuit. Je me souviens de tes souvenirs inventés.

Mehdi, je ne me souviens pas pourquoi, je t’ai tout de suite aimé. Tu es un paquet cadeau, plein de surprises. Tout entier, tout bon et mauvais. Je me souviens que Falque te bassinait, tu voulais te casser. Mais toutes les cinq minutes une idée t’accrochait. « Des berbères en Provence avant la France… » ? Je me souviens de ta verve, quand tu tiens le micro, que tout à coup s’élève le défilé des mots.

Je me souviens d’Abou, dont le prénom est long. Je sens une sagesse que quelque chose blesse. Tu veux paraître simple, c’est le chemin des humbles. Aboubacar est là, très présent, mais distant. Je me souviens de toi, seul sur l’échelle, plus que déterminé à faire enfin tomber la branche morte du figuier qui avait épuisée toutes les forces du chantier. Puis tu m’as demandé : « Bouèb, tu peux m’aider ? » On s’est acharné, on a sué et râlé. On y est arrivé, on a tout nettoyé. Seul tu as créé Salon et Scoot’oeuvre. Seul tu as perçu un moyen d’évasion, tu n’as fait que compter sur l’imagination.

Farid, je me souviens d’une épaisse carapace, tout juste démoulée des murs de Castellas. Tu es très autonome, tu ne dois rien à personne. Mais le chemin n’est pas droit, les barrières sont les lois. Glissières de sécurité d’un quarier en danger. Tu es un fanfaron mais t’es loin d’être con. Je me souviens, comment doucement est né un échantillon de complicité.

Je me souviens de toi Fahar, comme un esprit à part. Tu comprends tout très vite, la discrétion t’habite. Quand s’emballent les brailleurs dans une course folle, tu sourris patiemment. Tu as une envie de faire dont tu peux être fier. Sereinement volontaire, tu mords tranquillement dans les bouts de vie sur terre, à se mettre sous la dent. Te dire Fahar, tu m’es très agréable et je te sens capable d’emmener avec toi des hordes de gamins vers de beaux lendemains.


Les textes sont de BouèB. Lecture très émouvante à la fin de la visite. Bravo et merci pour cette collaboration complice et efficace.
Les portraits sont de Yohanne Lamoulère (Agence Picturetank), sauf ceux d’Aboubacar et de Farid que j’ai faites. Grand merci à elle, bon pied, bel oeil…
Bravo à toute l’équipe du Dandy ManchÔt :
Sistucien Nono, la grimpeuse-accrocheuse Marie-Lise, le capteur-transducteur Syoul
à l’Apcar :
Loïc, Aurore et Joanne
ainsi qu’aux éducateurs de l’Addap 13 :
Rabia, Karine, Sebastien et Dorian…
